Histoire de la ville de Lyon (1/2)

Publié par le Déc 25, 2013 dans Découverte | 0 commentaire

Histoire de la ville de Lyon (1/2)

Capitale des Trois-Gaules

Ces caractères justifient, qu’en 58 av. JC, César, décidé à conquérir toute la Gaule, implante son camp de guerre sur les hauteurs de Fourvière. Plus bas, enserré par deux bras du Rhône, se développe alors le bourg de Canabae, principal centre de ravitaillement.

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La Gaule pacifiée, le gouverneur Lucius Muniatus Plancus fonde, en 44 av. JC, la « Colonia Copia Lugdunum ». Le nom, celtique, a deux sens possibles. Dunum signifie la colline. Mais Lug peut désigner le soleil levant ou être dérivé du terme grec lukos ; le corbeau. Selon une légende, la ville aurait été fondée le jour du retour annuel des corbeaux, un 9 octobre.

La cité se développe rapidement : soldats, fonctionnaires impériaux, négociants et artisans génèrent une forte activité et des aménagements considérables. Sur la colline de Fourvière surgissent peu à peu forum, temples et théâtres, thermes et riches demeures, impressionnants aqueducs, tandis que le bord du fleuve reste très populaire. Centre politique, l’amphithéâtre des Trois-Gaules rassemble chaque année les délégués des 60 nations des trois provinces. Centre religieux, Lyon possède des temples, développe vers 160 le culte de Cybèle et s’ouvre à la nouvelle religion chrétienne. Cette dernière, persécutée, eut son lot de martyrs en 177 avec les supplices de l’évêque Pothin ou de Ste Blandine.

Invasions barbares et déclin

Le déclin puis la disparition de l’Empire en 273 se répercute très vite sur la ville. Fourvière est abandonné aux pillards et aux ruines. Lyon se replie au bord du fleuve et se protège d’une muraille. Désormais centrée autour de l’Eglise et de la cathédrale St Etienne, 1er martyr, elle tente de résister aux assauts des Barbares. Commencent alors des temps difficiles et bien sombres, ponctués du récit de quelque catastrophe. En 580, une gigantesque crue ravage et détruit l’enceinte et les maisons.

Au 9ème siècle, l’évêque Leidrade, mandaté par Charlemagne, s’efforce de rebâtir la cité. Véritable seigneur du lieu, l’archevêque voit son rôle renforcé en devenant primat des Gaules en 1079.

Foires de Lyon

Le renouveau de Lyon ne se produit qu’aux XIème-XIIème siècles. La ville se couvre de maisons, d’églises, d’abbayes bien souvent édifiées avec les ruines gallo-romaines Les quartiers se redessinent : au centre, le bourg fortifié de Saint Jean, siège du pouvoir, de l’Eglise, se prolonge au sud par la rue Saint Georges, monde des artisans et au nord par celui des gens de Justice. L’Eglise est en conflit avec les « gens du bourg » – commerçants, corporations – installés sur la rive gauche de la Saône, enclose d’une enceinte et centrée autour de l’église St Nizier. Elle perd progressivement sa belle indépendance : en 1307, Lyon est annexé au royaume de France par Philippe le Bel et en 1320, les habitants obtiennent une charte d’autonomie. Lyon est désormais géré par un Consulat, formé de 12 consuls. La colline de Fourvière, elle, se divise entre l’enceinte de Saint Just, autre centre religieux, et Fourvière, laissé à l’abandon.

La ville, avec ses 20 000 habitants au début du XIVème siècle, fait figure de cité modeste, au rayonnement limité.

Le début du XVème siècle signe le temps de l’essor, de la prospérité, de l’âge d’or de la cité. Lyon s’ouvre au monde et le monde vient à elle. A l’origine de cette renaissance : le commerce. Lyon s’élève au rang de capitale européenne du négoce avec ses grandes foires, 2, puis 3, puis 4 fois par an, accordées par privilèges royaux. Les marchands allemands, italiens, génois et florentins affluent et s’implantent. Les changeurs et banquiers prospèrent. Apportant avec eux la soie de Vénétie et du Piémont, ils initient aux savoir-faire du tissage qui fera bientôt la fortune de la ville. Dans leur sillage se développe aussi cette technique nouvelle : l’imprimerie. C’est à Lyon que ¨La légende dorée, premier livre en français, est éditée. Les ateliers se multiplient, encouragés par une vie intellectuelle brillante autour de Louise Labé ou de Rabelais. La ville se mue aussi en capitale politique. Entre la fin du XVème et la 1ère moitié du XVIème siècle, la Cour s’y établit souvent et pour de longs séjours.

Ce déploiement d’activités fait plus que doubler la population entre 1420 et 1550. Elle s’est surtout considérablement modifiée : la vieille noblesse terrienne a presque disparu. Clergé et gens de robe voient leur rôle amoindri au profit des bourgeois, négociants et hommes d’affaire, français ou étrangers ; monde cosmopolite qui échappe en grande partie à l’autorité de l’Eglise. Cette formidable mutation s’inscrit dans l’urbanisme largement remodelé. Le quartier St Jean s’embellit de magnifiques hôtels à l’italienne. Partout, on construit hâtivement.

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