Histoire de la ville de Lyon

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Lyon nommée Lugdunum, existe depuis la Rome antique. C’est d’ailleurs une très puissante cité sous l’Empire romain. Lyon devient d’ailleurs capitale de la Gaule romaine. Suite à la chute de cet empire, elle revet un rôle secondaire dans l’espace européen. Toutefois, elle reste une des plus grandes et plus belles villes de France et d’Europe. Zoom sur l’histoire de la ville de Lyon.

Capitale des Trois-Gaules

Ces caractères justifient, qu’en 58 av. JC César, décidé à conquérir toute la Gaule, implante son camp de guerre sur les hauteurs de Fourvière. Plus bas, enserré par deux bras du Rhône, se développe alors le bourg de Canabae, principal centre de ravitaillement.

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Theâtre gallo-romain à Lyon

La Gaule pacifiée, le gouverneur Lucius Muniatus Plancus fonde, en 44 av. JC, la « Colonia Copia Lugdunum ». Le nom, celtique, a deux sens possibles. Dunum signifie la colline. Mais Lug peut désigner le soleil levant ou être dérivé du terme grec lukos ; le corbeau. Selon une légende, la ville aurait été fondée le jour du retour annuel des corbeaux, un 9 octobre.

La cité se développe rapidement

Avec des soldats, fonctionnaires impériaux, négociants et artisans génèrent une forte activité et des aménagements considérables. Sur la colline de Fourvière surgissent peu à peu forum, temples et théâtres, thermes et riches demeures, impressionnants aqueducs, tandis que le bord du fleuve reste très populaire. Centre politique, l’amphithéâtre des Trois-Gaules rassemble chaque année les délégués des 60 nations des trois provinces. Centre religieux, Lyon possède des temples, développe vers 160 le culte de Cybèle et s’ouvre à la nouvelle religion chrétienne. Cette dernière, persécutée, eut son lot de martyrs en 177 avec les supplices de l’évêque Pothin ou de Ste Blandine.

Invasions barbares et déclin

Le déclin puis la disparition de l’Empire en 273 se répercute très vite sur la ville. Fourvière est abandonné aux pillards et aux ruines. Lyon se replie au bord du fleuve et se protège d’une muraille. Désormais centrée autour de l’Eglise et de la cathédrale St Etienne, 1er martyr, elle tente de résister aux assauts des Barbares. Commencent alors des temps difficiles et bien sombres, ponctués du récit de quelque catastrophe. En 580, une gigantesque crue ravage et détruit l’enceinte et les maisons.

Au 9ème siècle, l’évêque Leidrade, mandaté par Charlemagne, s’efforce de rebâtir la cité. Véritable seigneur du lieu, l’archevêque voit son rôle renforcé en devenant primat des Gaules en 1079.

Foires de Lyon

Le renouveau de Lyon ne se produit qu’aux 11 ème et 12 ème siècles. La ville se couvre de maisons, d’églises, d’abbayes bien souvent édifiées avec les ruines gallo-romaines Les quartiers se redessinent : au centre, le bourg fortifié de Saint Jean, siège du pouvoir, de l’Eglise, se prolonge au sud par la rue Saint Georges, monde des artisans et au nord par celui des gens de Justice. L’Eglise est en conflit avec les « gens du bourg » – commerçants, corporations – installés sur la rive gauche de la Saône, enclose d’une enceinte et centrée autour de l’église St Nizier.

Elle perd progressivement sa belle indépendance : en 1307, Lyon est annexé au royaume de France par Philippe le Bel et en 1320, les habitants obtiennent une charte d’autonomie. Lyon est désormais géré par un Consulat, formé de 12 consuls. La colline de Fourvière, elle, se divise entre l’enceinte de Saint Just, autre centre religieux, et Fourvière, laissé à l’abandon. La ville, avec ses 20 000 habitants au début du XIVème siècle, fait figure de cité modeste, au rayonnement limité.

Le début du 15ème siècle signe le temps de l’essor de Lyon

Il signe aussi le temps de la prospérité, de l’âge d’or de la cité. Lyon s’ouvre au monde et le monde vient à elle. A l’origine de cette renaissance : le commerce. Lyon s’élève au rang de capitale européenne du négoce avec ses grandes foires, 2, puis 3, puis 4 fois par an, accordées par privilèges royaux. Les marchands allemands, italiens, génois et florentins affluent et s’implantent. Les changeurs et banquiers prospèrent. Apportant avec eux la soie de Vénétie et du Piémont, ils initient aux savoir-faire du tissage qui fera bientôt la fortune de la ville. Dans leur sillage se développe aussi cette technique nouvelle : l’imprimerie. C’est à Lyon que ¨La légende dorée, premier livre en français, est éditée. Les ateliers se multiplient, encouragés par une vie intellectuelle brillante autour de Louise Labé ou de Rabelais. La ville se mue aussi en capitale politique.

Fin du 15ème et la première moitié du 16ème siècle

La Cour s’y établit souvent et pour de longs séjours. Ce déploiement d’activités fait plus que doubler la population entre 1420 et 1550. Elle s’est surtout considérablement modifiée : la vieille noblesse terrienne a presque disparu. Clergé et gens de robe voient leur rôle amoindri au profit des bourgeois, négociants et hommes d’affaire, français ou étrangers ; monde cosmopolite qui échappe en grande partie à l’autorité de l’Eglise. Cette formidable mutation s’inscrit dans l’urbanisme largement remodelé. Le quartier St Jean s’embellit de magnifiques hôtels à l’italienne. Partout, on construit hâtivement.

Réforme et Contre-Réforme

Le siècle de l’humanisme fut aussi celui des tempêtes religieuses. Carrefour de peuples et d’idées, Lyon propagea rapidement les contestations protestantes. Dès 1548, les persécutions démarrent. Les premiers bûchers s’allument. Les protestants commencent à fuir vers Genève, signant ainsi le déclin de l’imprimerie lyonnaise. Les Italiens suivent peu après. La guerre de religion fait rage et en 1562, les protestants livrent la ville aux troupes du baron des Adrets. Pendant plus d’un an, celui-ci fait régner la terreur, détruisant des églises, saccageant des façades, mais réalisant aussi des aménagements importants comme la place Bellecour, asséchée.

Le départ des réformés en 1563 est suivi d’une active Contre-Réforme. Lyon prend le parti de la Ligue et le paye de la perte totale de son indépendance avec le retour d’Henri IV.

La ville, économiquement très affaiblie

Politiquement asservie, trouve une nouvelle vitalité par le biais des communautés religieuses. Les jésuites édifient des collèges. Dans la presqu’île, sur les collines, ordres et congrégations se multiplient et s’étendent. La ville profite de la paix retrouvée pour amorcer une nouvelle phase de croissance aux 17 ème et 18 ème siècles.

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18ème siècle

Toute la presqu’île change de visage. La place Bellecour et la place des Cordeliers sont aménagées. On construit l’Hôtel-Dieu, l’hôpital de la Charité, l’hôtel de ville, le théâtre.

La soie amorce son âge d’or, faisant vivre des centaines d’ouvriers et d’artisans. Bien vite, la ville explose entre Rhône et Saône. Deux solutions sont possibles : gagner des terres sur les fleuves ou franchir le Rhône et profiter de la vaste plaine sur l’autre rive.

Elles seront toutes deux appliquées. Au sud, en 1773, Antoine-Michel Perrache commence la réalisation d’un nouveau quartier, conquis sur l’eau, en cimentant plusieurs îlots par d’importants travaux de remblaiement. A l’est, l’architecte Morand dote Lyon d’un nouveau pont sur le Rhône et conçoit l’aménagement du nouveau quartier des Brotteaux….

De violents conflits contre les modérés

Mais le tumulte révolutionnaire suspend, quelque temps, ces grands travaux. Lyon est emporté par les violents conflits dressant les jacobins, derrière leur chef de file Joseph Chalier, contre les modérés. En mai 1793, Lyon se révolte contre la Convention. Chalier est guillotiné dans des conditions sordides. Mais Paris réagit aussi durement que promptement. Après un long siège de trois mois, la ville tombe sous le coup d’une impitoyable répression. Par décret, le 12 octobre 1793, on décide de mettre à bas purement et simplement la ville rebelle et d’élever, sur ses ruines, une inscription lapidaire : ¨Lyon fit la guerre à la liberté ; Lyon n’est plus¨… De nombreux bâtiments et façades, églises et symboles aristocratiques sont détruits.

19ème siècle

Le 19ème siècle voit le retour au calme. Lyon panse ses blessures et retrouve un nouveau dynamisme dans l’aventure industrielle. La Fabrique, ou industrie textile, connaît son âge d’or. L’invention du métier Jacquard en 1804 oblige les canuts à trouver de hauts espaces et les amène à migrer vers un quartier encore peu loti : la Croix-Rousse. La pente s’emplit du bruit des métiers. Au milieu du siècle, Lyon possède plus de 400 entreprises de soieries, exporte dans toute l’Europe et aux Etats-Unis et fait vivre, grâce à cela, toute la région alentour.

Mais si les soyeux s’enrichissent, les temps sont durs pour les petites gens. Remarquablement organisés – sociétés de secours mutuels ; associations plus ou moins secrètes comme celle des Voraces, les canuts se révoltent à plusieurs reprises. En 1831, pour obtenir la garantie d’un prix minimum, les ouvriers, drapeau noir en tête, se rendent à la préfecture aux cris de ¨Vivre en travaillant ou mourir en combattant…¨. Durement réprimée, la révolte resurgit en 1834 et 1848, beaucoup plus violente avant de retomber.. La ¨Colline qui travaille¨ semble matée…

Une économie développée grâce au textile

Mais le textile n’est qu’une des facettes d’une économie en plein essor. Les banques se développent. En 1863, le Crédit Lyonnais est fondé. La chimie apparaît. La fin du siècle voit surgir les premières constructions automobiles. Les frères Lumière inventent le cinéma.

La ville s’adapte à ce bouillonnement. Les gares de Perrache et des Brotteaux introduisent un décor nouveau. Les ponts se multiplient. Les nombreux terrains libérés par la vente des biens d’Eglise sous la Révolution se bâtissent. Sous l’égide du préfet Vaïsse, véritable « Haussmann lyonnais », la ville s’embellit et se transforme : grandes voies tracées au coeur de la presqu’île : rue Impériale, rue de l’Impératrice (aujourd’hui rue de la République et rue Edouard Herriot) ; parc de la Tête-d’Or.

Puis, l’est de Lyon se couvre de nouveaux bâtiments industriels. Lyon s’agrandit et absorbe les communes mitoyennes de la Guillotière, la Croix-Rousse et Vaise. Placée sous l’autorité directe du préfet, ¨Lyon la dangereuse¨est bien surveillée.

20ème siècle

Ce n’est qu’en 1881 que la ville retrouve un maire. Au 20ème siècle, le long mandat d’Edouard Herriot ( 1905-1957) marque la cité. La ville confirme sa vocation industrielle : métallurgie, chimie, pharmacie, photo, textile… Elle devient un grand centre de formation scientifique et universitaire. Enfin à l’est et au sud, Edouard Herriot et Tony Garnier améliorent les équipements ; hôpital, stade de Gerland, abattoirs, cité ouvrière… Vers 1930, surgissent les 1ers gratte-ciel à Villeurbanne.

La seconde guerre mondiale ouvre à Lyon une page difficile

Qualifiée de capitale de la Résistance, c’est ici que les 3 grands mouvements de la zone sud : Combat, Libération et Francs-Tireurs, sont organisés. Jean Moulin est arrêté à Caluire, commune limitrophe. Edouard Herriot est envoyé en Allemagne puis libéré par l’Armée rouge.

Puis, le demi-siècle qui suit est celui des aménagements nouveaux et de la mise en valeur du patrimoine existant. Louis Pradel (maire de 1957 à 1976), fustigé pour son goût du béton, lance le nouveau quartier de la Part-Dieu, actuel centre d’affaires, et le Palais des Congrès ; développe les réseaux de communication : métro, autoroute, centre d’échanges de Perrache, mais n’oublie pas les équipements culturels : auditorium, bibliothèque, musée de la civilisation gallo-romaine. Francisque Collomb (1976-1989) amorce la technopole de Gerland et une vaste opération de réhabilitation des quartiers anciens. Michel Noir (1989-1995) illumine la ville avec le « plan Lumières », développe les espaces verts et s’attache à rendre Lyon digne de ses ambitions européennes.

Lyon aujourd’hui apparaît donc tournée vers le futur, symbolisé par le nouveau quartier de la Cité internationale, et fière de la beauté d’un patrimoine exceptionnel, reflet d’un long passé…

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