Histoire de la ville de Lyon (2/2)

Publié par le Déc 25, 2013 dans Découverte | 0 commentaire

Histoire de la ville de Lyon (2/2)

Réforme et Contre-Réforme

Le siècle de l’humanisme fut aussi celui des tempêtes religieuses. Carrefour de peuples et d’idées, Lyon propagea rapidement les contestations protestantes. Dès 1548, les persécutions démarrent. Les premiers bûchers s’allument. Les protestants commencent à fuir vers Genève, signant ainsi le déclin de l’imprimerie lyonnaise. Les Italiens suivent peu après. La guerre de religion fait rage et en 1562, les protestants livrent la ville aux troupes du baron des Adrets. Pendant plus d’un an, celui-ci fait régner la terreur, détruisant des églises, saccageant des façades, mais réalisant aussi des aménagements importants comme la place Bellecour, asséchée.

Le départ des réformés en 1563 est suivi d’une active Contre-Réforme. Lyon prend le parti de la Ligue et le paye de la perte totale de son indépendance avec le retour d’Henri IV.

La ville, économiquement très affaiblie, politiquement asservie, trouve une nouvelle vitalité par le biais des communautés religieuses. Les jésuites édifient des collèges. Dans la presqu’île, sur les collines, ordres et congrégations se multiplient et s’étendent. La ville profite de la paix retrouvée pour amorcer une nouvelle phase de croissance aux XVIIème et XVIIIème siècles.

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XVIII ème siècle

Toute la presqu’île change de visage. La place Bellecour et la place des Cordeliers sont aménagées. On construit l’Hôtel-Dieu, l’hôpital de la Charité, l’hôtel de ville, le théâtre. La soie amorce son âge d’or, faisant vivre des centaines d’ouvriers et d’artisans. Bien vite, la ville explose entre Rhône et Saône. Deux solutions sont possibles : gagner des terres sur les fleuves ou franchir le Rhône et profiter de la vaste plaine sur l’autre rive.

Elles seront toutes deux appliquées. Au sud, en 1773, Antoine-Michel Perrache commence la réalisation d’un nouveau quartier, conquis sur l’eau, en cimentant plusieurs îlots par d’importants travaux de remblaiement. A l’est, l’architecte Morand dote Lyon d’un nouveau pont sur le Rhône et conçoit l’aménagement du nouveau quartier des Brotteaux….

Mais le tumulte révolutionnaire suspend, quelque temps, ces grands travaux. Lyon est emporté par les violents conflits dressant les jacobins, derrière leur chef de file Joseph Chalier, contre les modérés. En mai 1793, Lyon se révolte contre la Convention. Chalier est guillotiné dans des conditions sordides. Mais Paris réagit aussi durement que promptement. Après un long siège de trois mois, la ville tombe sous le coup d’une impitoyable répression. Par décret, le 12 octobre 1793, on décide de mettre à bas purement et simplement la ville rebelle et d’élever, sur ses ruines, une inscription lapidaire : ¨Lyon fit la guerre à la liberté ; Lyon n’est plus¨… De nombreux bâtiments et façades, églises et symboles aristocratiques sont détruits.

XIX ème siècle

Le XIXème siècle voit le retour au calme. Lyon panse ses blessures et retrouve un nouveau dynamisme dans l’aventure industrielle. La Fabrique, ou industrie textile, connaît son âge d’or. L’invention du métier Jacquard en 1804 oblige les canuts à trouver de hauts espaces et les amène à migrer vers un quartier encore peu loti : la Croix-Rousse. La pente s’emplit du bruit des métiers. Au milieu du siècle, Lyon possède plus de 400 entreprises de soieries, exporte dans toute l’Europe et aux Etats-Unis et fait vivre, grâce à cela, toute la région alentour.

Mais si les soyeux s’enrichissent, les temps sont durs pour les petites gens. Remarquablement organisés – sociétés de secours mutuels ; associations plus ou moins secrètes comme celle des Voraces, les canuts se révoltent à plusieurs reprises. En 1831, pour obtenir la garantie d’un prix minimum, les ouvriers, drapeau noir en tête, se rendent à la préfecture aux cris de ¨Vivre en travaillant ou mourir en combattant…¨. Durement réprimée, la révolte resurgit en 1834 et 1848, beaucoup plus violente avant de retomber.. La ¨Colline qui travaille¨ semble matée…

Mais le textile n’est qu’une des facettes d’une économie en plein essor. Les banques se développent. En 1863, le Crédit Lyonnais est fondé. La chimie apparaît. La fin du siècle voit surgir les premières constructions automobiles. Les frères Lumière inventent le cinéma.

La ville s’adapte à ce bouillonnement. Les gares de Perrache et des Brotteaux introduisent un décor nouveau. Les ponts se multiplient. Les nombreux terrains libérés par la vente des biens d’Eglise sous la Révolution se bâtissent. Sous l’égide du préfet Vaïsse, véritable « Haussmann lyonnais », la ville s’embellit et se transforme : grandes voies tracées au coeur de la presqu’île : rue Impériale, rue de l’Impératrice (aujourd’hui rue de la République et rue Edouard Herriot) ; parc de la Tête-d’Or. L’est de Lyon se couvre de nouveaux bâtiments industriels. Lyon s’agrandit et absorbe les communes mitoyennes de la Guillotière, la Croix-Rousse et Vaise. Placée sous l’autorité directe du préfet, ¨Lyon la dangereuse¨est bien surveillée.

XX ème siècle

Ce n’est qu’en 1881 que la ville retrouve un maire. Au XXème siècle, le long mandat d’Edouard Herriot ( 1905-1957) marque la cité. La ville confirme sa vocation industrielle : métallurgie, chimie, pharmacie, photo, textile…Elle devient un grand centre de formation scientifique et universitaire. A l’est et au sud, Edouard Herriot et Tony Garnier améliorent les équipements ; hôpital, stade de Gerland, abattoirs, cité ouvrière… Vers 1930, surgissent les 1ers gratte-ciel à Villeurbanne.

La seconde guerre mondiale ouvre à Lyon une page difficile. Qualifiée de capitale de la Résistance, c’est ici que les 3 grands mouvements de la zone sud : Combat, Libération et Francs-Tireurs, sont organisés. Jean Moulin est arrêté à Caluire, commune limitrophe. Edouard Herriot est envoyé en Allemagne puis libéré par l’Armée rouge.

Le demi-siècle qui suit est celui des aménagements nouveaux et de la mise en valeur du patrimoine existant. Louis Pradel (maire de 1957 à 1976), fustigé pour son goût du béton, lance le nouveau quartier de la Part-Dieu, actuel centre d’affaires, et le Palais des Congrès ; développe les réseaux de communication : métro, autoroute, centre d’échanges de Perrache, mais n’oublie pas les équipements culturels : auditorium, bibliothèque, musée de la civilisation gallo-romaine. Francisque Collomb (1976-1989) amorce la technopole de Gerland et une vaste opération de réhabilitation des quartiers anciens. Michel Noir (1989-1995) illumine la ville avec le « plan Lumières », développe les espaces verts et s’attache à rendre Lyon digne de ses ambitions européennes.

Lyon aujourd’hui apparaît donc tournée vers le futur, symbolisé par le nouveau quartier de la Cité internationale, et fière de la beauté d’un patrimoine exceptionnel, reflet d’un long passé…

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